Naruto, mon coach de développement personnel

L’adolescence n’est pas une période facile. Pont entre l’enfance et le début de la vie d’adulte, c’est sans doute le moment de la vie où on est le plus en recherche d’identité. Qui on est, qu’est-ce qu’on fera, où on va,… Et un certain manga a été présent pour nous aider à travers cette époque.

C’est pour ma part dans ses eaux-là que j’ai découvert Naruto, manga aujourd’hui culte de Masashi Kishimoto. Pour faire simple, Naruto est un jeune orphelin mis à l’écart par les habitants de son village, puisqu’il abrite en lui un démon, nécessaire pour assurer la sécurité du village. Pour attirer l’attention des autres, il enchaîne bêtise pour bêtise. Ajoutez à cela le fait qu’il soit cancre, et on se retrouve avec un personnage principal au fond du trou et bon-à-rien.

Mon ninja, ce héros

Qu’à cela ne tienne, Naruto possède un rêve. Celui de devenir Hokage, le ninja considéré comme le plus fort du village, pour que tout le monde reconnaisse sa valeur. Il s’entraînera plus dur que les autres pour atteindre son but, et, au fil de son aventure, il deviendra plus puissant et se liera d’amitié avec ceux à qui il vient en aide. Certains de ses adversaires ressentiront même de l’affection pour lui. La consécration arrive lorsqu’il sauve son village de la destruction, et que toute la population l’acclame. A partir de là, il a atteint son objectif : les gens l’aiment et le respectent.

Le dépassement de soi

Le message du manga était non seulement clair, mais aussi magnifique. A force de travail et d’effort, il est possible de réaliser ses rêves. Une leçon que Kishimoto a montrée pendant une bonne partie de son œuvre à travers d’autres personnages. L’un d’eux que j’ai adoré était un jeune ninja appelé Neji. Il est né dans la branche secondaire d’une famille noble. En d’autres termes, les conditions de sa naissance ont décidé qu’il devait vivre sous la coupe de la branche principale. C’est donc naturellement qu’il a grandi avec l’idée que tout est décidé à l’avance, qu’un raté restera un raté…

Considéré comme un génie, il ne voit alors pas le bon-à-rien qu’est Naruto comme une menace, et pense le battre sans problème. Mais après avoir perdu un combat contre lui, il se rend compte que le destin n’est peut-être qu’une idée que l’on se fait pour s’enfermer sur nous-mêmes, et le chef de famille finit même par reconnaître sa valeur et à le prendre sous son aile.

Oui… mais non

Et là, c’est le drame. A mesure que son manga avance, Kishimoto reçoit de lourdes critiques quant à la qualité que prend son œuvre. Et pour cause, son message d’origine a fini par être mis au placard. Pire encore, il raconte tout l’inverse. Parce que ce qu’on n’a pas dit, c’est que Naruto le raté a un rival, à savoir Sasuke le génie. Une bonne partie du manga est d’ailleurs centrée sur cette apparente rivalité.

Notre jeune héros veut devenir l’égal, si n’est plus fort, que son adversaire. Il y parviendra finalement, mais rien à voir avec ses efforts. Oui, parce que dans un retournement de situation, un vieux sage vient leur apprendre que leur rivalité est en fait le fruit du destin. Ils sont les réincarnations de deux anciens combattants, l’un raté et l’un génie (ben tiens), qui sont condamnés à s’affronter à travers les générations.

Une décennie d’arnaque

Grosse gifle aux fans du manga (dont moi). Pendant plus de 10 ans, Kishimoto nous a dit qu’à force de travail, nous pouvons tout accomplir. Et en un chapitre, il nous balance qu’en fait non, toute l’histoire qu’on a suivi depuis le début était planifiée, et que, quoi qu’on fasse, elle est condamnée à se répéter. Finalement, ce qu’on voyait comme une leçon de développement personnel s’est révélée être une arnaque dissimilée.

Pour moi, Naruto était un coach de vie. Malgré les critiques, il a encaissé tous les coups qu’il a reçus et n’a jamais cédé face à la difficulté. Il a soutenu mon adolescence. Et le voir se perdre en route à l’âge adulte, c’est comme un rappel pour dire que la réalité est différente de celle qu’on n’imaginait, quand notre plus grand souci était de savoir quelle note on aura au prochain contrôle de maths.

La faute au succès

Mais ne soyons pas (trop) mauvaise langue. Kishimoto a peut-être perdu son manga en cours de route, mais ce virage désagréable est en fait dû au succès du ninja. L’auteur avait prévu de terminer son œuvre beaucoup plus tôt, avec une fin qui concluait parfaitement cette idée de dépassement de soi. Mais Naruto était très populaire. Un peu trop peut-être. C’est une source de profit conséquente pour ses éditeurs. Aussi, des voix se sont faites entednre, comme quoi il aurait reçu des pressions d’en haut pour continuer à écrire, tant qu’il y avait encore de quoi faire.

Ajoutez à cela les demandes des fans de voir tel ou tel personnage mis en avant, et vous avez un auteur qui perd totalement le contrôle de son travail. Alors ça ne serait pas juste de tout lui balancer à la figure. Mais quoi qu’il en soit, Naruto reste et restera toujours un manga culte, qui a su s’inscrire dans la conscience collective, avec un message (d’origine) puissant qui parle à tous, et vaut toutes les formations en développement personnel qu’on peut s’offrir. Et rien que pour ça, je m’en rappellerai et remercie Kishimoto.

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