Evil Zone, mon regretté combat

Quand tous les garçons du monde regardaient Albator, j’étais devant mon écran à suivre les aventures de Caroline et ses amis. Et de même, quand ils s’extasiaient en jouant à Tekken sur PlayStation 1, je livrais mes combats sur la même console avec Evil Zone.

Sorti en 1999, Evil Zone est développé par la compagnie japonaise Yuke's, surtout connue pour être l’auteure de nombreux jeux WWE. Il est notamment distribué par l’éditeur Titus Interactive, société française ayant fermé ses portes en 2004, et n’ayant pas de jeux spécialement mémorables à son actif. Il n’empêche qu’Evil Zone me soit toujours resté, même après être passé sur Tekken en changeant de console.

Un champ de bataille sans merci

Dans les années 90, ce ne sont pas les jeux de combat qui manquaient. Tekken, Street Fighter, Mortal Kombat, Rival School, Virtua Fighter,… Il y en avait pour tous les goûts, et à toutes les sauces. Les deux premiers dominaient la scène et les ventes, et il était dur de faire le poids. Arrivé trop tard ou trop peu, difficile de dire ce qui a empêché Evil Zone de se faire une place dans la lumière. Il faut dire que même à l’époque, les jeux des grands éditeurs sont ceux qui attirés le plus les foules. Ces dernières années, avec la mode des jeux indépendants et les grosses firmes qui poussent à l’accélération des plus petites boîtes, la tendance tend à changer. Mais à sa sortie, le jeu de Yuke’s était encore pris dans le flot d’un nombre incalculable de concurrents ayant non seulement un passé pour la plupart, mais aussi promis à grand avenir.

Pourtant, Evil Zone est loin d’être mauvais. La presse critique n’en démérite d’ailleurs pas les qualités. Pour un jeu de combat, il était plutôt complet, malgré un petit nombre de personnages jouables (10 au total). Il reprenait la formule classique du genre. Cinq modes de jeu, à savoir l’histoire, l’arcade, le versus, l’entraînement, et la survie. Des arènes de combat variées et large, dans un style de jeu plutôt original dont nous parlerons plus loin. Mais attardons6nous d’abord sur l’histoire.

Une série d’animation pur jus

Pitch de base : Ihadurca est un être à l’apparence d’une femme surpuissante capable de vivre dans plusieurs dimensions à la fois. Elle a été enfermée dans l’Evil Zone par un groupe de sorciers. Pour empêcher qu’elle ne s’échappe, ils vont invoquer des combattants de différentes dimensions dans un tournoi ayant pour but de la vaincre définitivement. Evil Zone est un jeu de combat japonais, et on retrouve l’identité des mangas nippons dans sa direction artistique. Les personnages sont modélisés en 3D, mais les grandes cinématiques sont réalisées comme des animes.

D’ailleurs, les développeurs ont donné une histoire à chaque personnage, un scénario dans lequel ils sont victorieux du tournoi. Et même si le jeu n’a apparemment pas de héros principal, deux personnages sortent du lot : Al, le sorcier ayant invoqué les autres combattants, et Danzaiver, celui qui s’est auto-proclamé héros du jeu. Le mode histoire de chaque personnage se suit comme une série. Les combats s’enchaînent, et des dialogues ont lieu entre les prétendants qui se connaissent, avec une cinématique de fin émouvante. Si le principe de base est assez simpliste, la réalisation n’en est pas moins attirante, et chaque scénario développe les personnages pour qu’on en apprenne davantage sur eux. Bref, rien que Tekken ou autre ne fasse mieux.

A la fois original et accessible

Les combats sont en 3D, avec possibilité d’aller d’avant en arrière, et à gauche ou à droite. Il devient vite nécessaire de savoir jongler sur ce système, afin d’éviter les coups à distance que l’adversaire peut spammer sans vergogne. Un bouton pour attaquer, un autre pour bloquer, le reste étant des combinaisons avec les touches directionnelles. Chaque personnage possède ses propres pouvoirs, que l’on déclenche en exploitant une jauge de puissance à remplir, avec une attaque finale faisant des dégâts massifs en guise de coup spécial. La vitesse de recharge dépend des points de vie restants, et le combat se joue surtout à distance, même si des coups rapprochés peuvent arracher la victoire.

Un soin particulier est accordé à la mise en scène. Les coups et pouvoirs sont colorés, avec de magnifiques animations, en particulier pour les attaques finales. Le jeu est plus qu’accessible, et les jeunes débutants (comme je l’étais) peuvent s’éblouir en martelant des touches pour arriver à déclencher des coups spéciaux. Il était jouissif au possible. Et avec le recul, je me dis que c’est ce qui a peut-être ce qui a empêché le jeu de percer. En effet, les mécaniques ne sont pas aussi poussées que chez la concurrence pour ceux qui cherchent à aller plus loin.

Aujourd’hui par exemple, Dragon Ball : FighterZ peut se vanter d’apporter une expérience très appréciable pour les novices, mais seuls ceux qui s’entraîneront dur pourront le maîtriser à la perfection. Dans Evil Zone, je n’ai pas ressenti cette dimension de recherche de perfectionnement. Peut-être du fait de mon jeune âge. Je regretterai tout de même toujours qu’il soit tombé dans l’oubli, et qu’il n’ait pas eu de suite pour corriger cet aspect du gameplay. Après, est-ce que le jeu serait dénaturé par une suite étant trop différente de l’original ? Ou l’aurait-il aidé à sortir de l’ombre pour entrer sur la scène compétitive ? Saura-t-on un jour…

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